# Concevoir son environnement numérique de travail

> **Référentiel BTS** — **BC3 / C3.5** « Concevoir et maintenir sécurisé son environnement numérique de travail ».

> **L'essentiel :** un environnement de travail sûr se construit sur trois principes — **chacun n'a accès qu'à ce dont il a besoin**, **chaque équipement est connu et tenu à jour**, **rien de professionnel ne transite par du matériel ou des services personnels**.

## Objectif

À la fin de cette page, vous savez :

- appliquer le principe du **moindre privilège** aux comptes d'un cabinet ;
- lister les équipements à inventorier et à maintenir ;
- dire pourquoi le matériel personnel et le cloud grand public posent problème.

## 1. Des comptes nominatifs, pas de compte partagé

**Le compte partagé est l'erreur fondatrice.** Un identifiant `cabinet` / `cabinet` utilisé par tout le monde, c'est :

- l'impossibilité de savoir **qui** a consulté ou modifié un dossier — la traçabilité exigée par la réglementation disparaît ;
- un mot de passe que personne ne change jamais, et que les anciens salariés connaissent encore ;
- une responsabilité impossible à établir en cas d'incident.

**La règle :** un compte **par personne**, avec un **profil de droits** adapté à son rôle.

| Rôle | Ce qu'il lui faut | Ce qu'il ne lui faut pas |
|---|---|---|
| Orthoprothésiste | Dossiers patients, consultations, appareils, devis | Paramétrage comptable, gestion des utilisateurs |
| Technicien d'atelier | Dossiers de fabrication, planning, stock | Données de facturation et de droits sociaux |
| Secrétariat / administratif | Identité, droits, rendez-vous, facturation | Contenu clinique détaillé au-delà du nécessaire |
| Gérant | Tableaux de bord, comptabilité, utilisateurs | Un accès « tout » permanent : privilégier un compte courant + un compte d'administration séparé |
| Apprenti / stagiaire | Accès **restreint et temporaire**, sous tutorat | Droits de suppression, exports de masse |

**Le départ d'un salarié est un événement de sécurité** : désactivation du compte le jour même, restitution des cartes et du matériel, changement des accès qu'il partageait.

## 2. Un parc connu et tenu à jour

On ne sécurise pas ce qu'on ne connaît pas. Tenez un **inventaire simple** : chaque poste, tablette, téléphone professionnel, imprimante, scanner 3D, machine d'atelier connectée, avec son responsable et sa version de logiciel.

Les gestes de maintenance :

- **Mises à jour automatiques** activées, système et applications — la majorité des attaques exploitent des failles **déjà corrigées**.
- **Antivirus / protection** actif et à jour sur chaque poste.
- **Verrouillage automatique** de session après quelques minutes d'inactivité, et verrouillage manuel dès qu'on quitte le poste (un poste ouvert à l'accueil est lisible par tous les patients qui passent).
- **Chiffrement du disque** sur les portables et les tablettes — un ordinateur volé dans une voiture ne doit pas livrer les dossiers.
- **Fin de vie** : un poste réformé ou revendu doit être **effacé de façon sûre**, pas simplement « vidé de la corbeille ».

## 3. Le réseau

- **Changer les mots de passe par défaut** de la box et des équipements réseau.
- **Séparer le Wi-Fi visiteurs** du réseau du cabinet. Les patients en salle d'attente n'ont rien à faire sur le réseau qui porte les dossiers.
- **Pas d'accès à distance ouvert « pour dépanner »** sans contrôle : un accès de télémaintenance doit être nominatif, limité dans le temps et tracé.
- Les **machines d'atelier connectées** (imprimante 3D, fraiseuse, scanner) sont souvent anciennes et non mises à jour : les isoler sur un segment réseau à part.

## 4. Matériel personnel et services grand public

C'est le point le plus sensible en petite structure, parce qu'il part toujours d'une bonne intention : « je finis le dossier chez moi », « je m'envoie la photo sur mon téléphone ».

**Ce qui ne doit pas se faire :**

- envoyer des données patient sur une **boîte mail personnelle** ;
- stocker des photos cliniques ou des scans 3D sur un **cloud grand public** non conforme à l'hébergement de données de santé ;
- utiliser une **messagerie instantanée grand public** pour transmettre un nom de patient avec une information de santé ;
- travailler sur un **ordinateur familial** partagé, sans compte séparé ;
- brancher une **clé USB personnelle** sur un poste du cabinet.

**Ce qu'il faut à la place :** un poste ou une session professionnelle, la **MSSanté** pour les échanges, un hébergement **certifié HDS** pour les données de santé (voir *Formation métier — Données de santé & réglementation*), et un accès distant maîtrisé si le télétravail est nécessaire.

> Le smartphone professionnel utilisé en visite à domicile mérite le même soin qu'un poste fixe : code de déverrouillage, chiffrement, effacement à distance en cas de perte, pas d'installation d'applications hors usage professionnel.

## 5. Les prestataires

Le cabinet travaille avec un éditeur de logiciel, parfois un infogérant, un hébergeur. Cela **ne transfère pas la responsabilité** : le cabinet reste responsable de traitement.

À exiger d'un prestataire : un **contrat écrit** précisant la sécurité et la sous-traitance au sens du RGPD, la **localisation** et la **certification HDS** de l'hébergement, les **modalités de sauvegarde et de restauration**, et la **réversibilité** (récupérer ses données si l'on change de prestataire).

## À retenir

- **Un compte par personne**, des droits adaptés au rôle, désactivation au départ.
- **Mises à jour, verrouillage, chiffrement** : trois gestes qui couvrent la majorité des risques courants.
- **Wi-Fi visiteurs séparé**, machines d'atelier isolées.
- **Aucune donnée de santé** sur matériel personnel, mail personnel ou cloud grand public.
- Un prestataire est **sous-traitant**, pas responsable à votre place : contrat, HDS, réversibilité.