Reconnaître les menaces

Référentiel BTSBC3 / C3.6 « Se prémunir et réagir face aux incidents numériques ».

L'essentiel : presque toutes les attaques réussies commencent par une action humaine — un clic, une pièce jointe ouverte, un virement accepté. Savoir reconnaître le scénario est donc la protection la plus efficace.

Objectif

À la fin de cette page, vous savez :

Ce qui intéresse un attaquant dans un cabinet

1. L'hameçonnage (phishing)

Un message imite un interlocuteur de confiance — la banque, l'Assurance Maladie, l'éditeur du logiciel, un fournisseur, la direction — pour obtenir un identifiant, un mot de passe, un paiement, ou faire ouvrir une pièce jointe.

Les signaux d'alerte :

Signal Exemple
Urgence et menace « Votre compte sera suspendu sous 24 h », « dernier rappel avant poursuite »
Demande d'identifiants Un lien vers une page de connexion qui ressemble à celle que vous connaissez
Adresse d'expéditeur approximative ameli-remboursement.net au lieu du domaine officiel ; nom affiché correct mais adresse réelle différente
Pièce jointe inattendue Une « facture » d'un fournisseur avec qui vous n'avez rien en cours
Contexte qui ne colle pas Un organisme qui vous écrit sur un canal qu'il n'utilise jamais
Français maladroit Moins fiable qu'avant — beaucoup de messages sont désormais parfaitement rédigés

Le réflexe : ne jamais utiliser le lien du message. Revenir au canal connu — taper soi-même l'adresse du site, appeler le numéro habituel du fournisseur (pas celui indiqué dans le message).

Variantes : smishing (par SMS), vishing (par téléphone, souvent un « technicien informatique » très serviable), hameçonnage ciblé (le message mentionne votre nom, votre poste, un dossier réel — il faut supposer que l'attaquant s'est renseigné).

2. Le rançongiciel (ransomware)

Le scénario le plus redouté. Un programme chiffre l'ensemble des fichiers — dossiers patients, modèles 3D, comptabilité, sauvegardes accessibles depuis le réseau — puis réclame une rançon. De plus en plus souvent, les données sont aussi volées avant d'être chiffrées, avec menace de publication : c'est la double extorsion.

Comment il entre : pièce jointe ou lien d'hameçonnage, accès distant mal protégé, faille non corrigée sur un équipement exposé, mot de passe faible sur un compte d'administration.

Ce qui limite les dégâts : des sauvegardes déconnectées du réseau (voir Sauvegardes et continuité d'activité), des comptes à droits limités, un parc à jour, une segmentation réseau.

Faut-il payer ? Les autorités le déconseillent : payer ne garantit ni la restitution, ni l'absence de publication, finance l'activité criminelle et désigne le cabinet comme une cible qui paie. La décision appartient au dirigeant, mais elle se prend après le dépôt de plainte et le signalement, pas dans la panique.

3. La fraude au virement

Pas de logiciel malveillant ici — de la manipulation. Deux formes :

La parade est organisationnelle, pas technique : tout changement de coordonnées bancaires est vérifié par rappel téléphonique au numéro déjà connu — jamais celui du message. Et aucun virement exceptionnel sans double validation.

4. Les supports amovibles et le matériel

5. Les risques internes et involontaires

Toutes les pertes de données ne sont pas des attaques :

Ces événements peuvent constituer des violations de données au sens du RGPD (voir Formation métier — Données de santé & réglementation).

À retenir


Revision #4
Created 2026-09-15 17:24:23 UTC by Antoine
Updated 2026-09-16 07:03:14 UTC by Antoine