L'hébergement des données de santé (HDS)
Référentiel BTS — BC4 / C4.7 « Accéder aux données de santé numériques dans le respect de la réglementation ».
L'essentiel : dès qu'un tiers héberge des données de santé recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic ou de soins, il doit être certifié HDS. Ce n'est pas une option commerciale : c'est une obligation légale, et c'est au cabinet de la vérifier.
Objectif
À la fin de cette page, vous savez :
- dire quand la certification HDS est requise ;
- vérifier qu'un prestataire l'est réellement ;
- lister ce qu'un contrat d'hébergement doit prévoir.
Le principe
Le code de la santé publique impose que l'hébergement de données de santé à caractère personnel, pour le compte d'un tiers, soit assuré par un hébergeur certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé). La certification est délivrée par un organisme accrédité, après audit, et porte sur des activités précises (mise à disposition d'infrastructure, d'infogérance, de sauvegarde, d'administration…).
Quand c'est requis :
- le logiciel métier est en ligne (mode SaaS) et les dossiers sont chez l'éditeur ou son hébergeur ;
- les sauvegardes partent chez un prestataire externe ;
- les modèles 3D, photos cliniques ou fichiers de CAO sont stockés sur un service tiers ;
- une plateforme de télésoin ou de suivi conserve des données patients ;
- l'infogérance du serveur du cabinet est confiée à un prestataire qui y accède.
Quand ce n'est pas requis : le cabinet qui héberge ses propres données sur son propre serveur, dans ses locaux, n'a pas à être certifié pour lui-même. Il reste évidemment tenu à la sécurité et à toutes les autres obligations.
Vérifier, ne pas croire sur parole
« Nos serveurs sont en France » n'est pas « nous sommes certifiés HDS ». Deux vérifications simples :
- Demander le certificat HDS — un document nominatif, avec un périmètre, une date de validité et l'organisme certificateur. Vérifier que le périmètre couvre bien la prestation qui vous concerne.
- Consulter la liste publique des hébergeurs certifiés publiée par l'Agence du Numérique en Santé.
Attention aux chaînes de sous-traitance : l'éditeur de votre logiciel peut ne pas être hébergeur lui-même et s'appuyer sur un prestataire. C'est alors ce prestataire qui doit être certifié, et le contrat doit le nommer.
Ce que le contrat doit prévoir
Le contrat avec l'hébergeur (ou l'éditeur) est un contrat de sous-traitance au sens du RGPD. Il doit préciser au minimum :
| Point | Ce qu'on vérifie |
|---|---|
| Objet et durée | Quelles données, pour quel service, combien de temps |
| Certification HDS | Référence du certificat et périmètre couvert |
| Localisation | Où sont physiquement les données ; transferts hors UE encadrés ou absents |
| Sous-traitants ultérieurs | Liste, et obligation d'information avant tout changement |
| Sécurité | Chiffrement, contrôle des accès, journalisation |
| Sauvegardes | Fréquence, rétention, délai de restauration garanti |
| Confidentialité | Engagement du personnel de l'hébergeur ; pas d'accès hors nécessité technique |
| Incidents | Obligation d'informer le cabinet sans délai en cas de violation |
| Audit | Droit pour le cabinet de demander des éléments de preuve |
| Réversibilité | Format, délai et coût de restitution des données en fin de contrat ; suppression certifiée ensuite |
| Fin d'activité de l'éditeur | Ce qu'il advient des données si le prestataire disparaît |
La réversibilité est le point le plus souvent négligé et le plus coûteux. Un cabinet qui ne peut pas récupérer ses dossiers dans un format exploitable est captif — et en difficulté le jour où il doit changer de logiciel, ou si l'éditeur cesse son activité.
Et le cloud grand public ?
Non. Un service de stockage grand public n'est pas certifié HDS, ses conditions générales ne constituent pas un contrat de sous-traitance conforme, et la localisation des données y est rarement maîtrisée.
Le raccourci « je mets juste les scans 3D sur mon espace personnel » est une double faute : hébergement non conforme et usage de matériel ou de compte personnel (voir Formation métier — Sécurité numérique).
Responsabilité : qui répond de quoi
- Le cabinet reste responsable de traitement. C'est lui qui décide, lui qui informe les patients, lui qui répond à la CNIL.
- L'hébergeur et l'éditeur sont sous-traitants : ils ne traitent que sur instruction, et engagent leur propre responsabilité s'ils sortent de ce cadre ou manquent à la sécurité.
Externaliser ne transfère pas la responsabilité. Cela la partage, à condition que le contrat soit écrit.
À retenir
- Hébergement de données de santé par un tiers ⇒ certification HDS obligatoire.
- On demande le certificat et on vérifie son périmètre — « serveurs en France » ne suffit pas.
- Le contrat couvre : localisation, sécurité, sauvegardes, incidents, audit, réversibilité.
- Jamais de données de santé sur un cloud grand public.
- Le cabinet reste responsable de traitement, quoi qu'il externalise.
Exercice proposé
Vous comparez deux offres de logiciel métier en ligne. L'offre A est 30 % moins chère ; son contrat ne mentionne ni certification HDS, ni délai de restauration, ni conditions de récupération des données. L'offre B les détaille.
Rédigez, pour le dirigeant, une note d'une demi-page qui explique le risque pris avec l'offre A — en termes de conformité, de continuité d'activité et de dépendance — et formulez les cinq questions à poser par écrit à l'éditeur A avant toute décision.